MARIA MONTESSORI  et la VIE SPIRITUELLE

 

Son importance dans le développement de l’enfant «  embryon spirituel  »

 

Extraits de ses conférences  L’éducation et la paix  - entre 1932 et 1939 -

Ed. DDB  1996 pour la traduction française

 

 

 

  LA PAIX : Discours prononcé à l’Office International de l’Education, Genève 1932

 

  (…)    Pour pouvoir nous atteler à la tâche du rétablissement du psychisme humain, nous devons prendre l’enfant comme point de départ  (…)

 Nous devons l’étudier non comme un être dépendant, mais comme une personne autonome qui doit être considéré en fonction de sa personnalité individuelle propre. Nous devons croire à l’enfant comme à un messie, comme à un sauveur capable de régénérer la race humaine et la société. Pour accepter cette idée nous devons nous faire humbles. Alors seulement nous pourrons cheminer vers l’enfant comme les rois mages, chargés de pouvoirs et de présents et se fiant à l’étoile de l’espérance. (…)

 

L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Il est d’abord et avant tout le détenteur d’une vie personnelle qui a des caractéristiques et un but spécifiques. Le but de l’enfant pourrait se résumer dans le mot  incarnation. L’incarnation de la personnalité humaine doit se réaliser en lui.

Le travail de l’enfant, entièrement orienté vers cette incarnation, a des rythmes et des caractéristiques vitales totalement différents de ceux de l’adulte. C’est pourquoi il est le grand transformateur de son milieu et l’être social par excellence.

 

(…) Dans le monde extérieur, c’est en effet une nouvelle sorte de gestation qu’il entreprend pour incarner l’esprit dont les semences sont latentes et inconscientes chez lui.

Au cours de ce travail dont il ne devient conscient que progressivement et qu’il réalise au moyen de ses expériences au contact du monde extérieur, l’enfant a besoin de soins délicats.

Il accomplit sa tâche avec une sagesse intérieure ,guidé par des lois analogues à celles qui guident toute autre tâche accomplie dans la nature, suivant des rythmes d’activité qui n’ont pas la moindre ressemblance avec eux de l’adulte agressif porté à la conquête .

Ce concept de travail d’incarnation ou de  gestation spirituelle impliquant pour l’enfant une activité totalement différente de celle que l’adulte déploie dans la société n’est pas une idée nouvelle, bien au contraire. (…) Elle  nous revient avec toute la force d’un rite sacré.

 La plupart d’entre nous célèbrent deux fêtes : Noël et Pâques… Ces très anciennes fêtes, que commémorent-elles ? Une seule et même Personne. Mais elles célèbrent séparément et distinctement l’incarnation et la mission sociale de cette Personne.

Dans l’histoire de la vie de Jésus son incarnation dure jusqu’à la puberté, jusqu’à l’âge d’environ treize ans, quand le jeune garçon dit : «  pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? »

 

(…) La bonne ou la mauvaise santé psychique de l’homme, sa force ou sa faiblesse de caractère, la lumière ou l’obscurité de son esprit dépendent de la possibilité pour l’enfant d’avoir eu ou non une  vie spirituelle calme et achevée.

   Si au cours de cette période précieuse et délicate de sa vie l’enfant subit une  forme sacrilège d’asservissement (par une éducation faite des préjugés de l’adulte) les germes de la vie qui sont en lui deviendront stériles (…)

 

Nous avons, quant à nous -poursuit Maria Montessori -, pris en compte la personnalité de l’enfant, pris en lui-même et pour lui-même, et nous lui avons offert, dans nos écoles, toutes les possibilités pour se développer  en créant un milieu répondant aux besoins de son développement spirituel. Alors il nous a révélé une personnalité différente de celle qui était jusque-là prise en considération, ayant même des caractéristiques complètement opposées à celles qui lui étaient attribuées par les autres. Avec son amour passionné pour l’ordre et le travail, l’enfant , placé dans un tel contexte, témoigne de capacités intellectuelles très supérieures à celles qu’il est sensé avoir . Il est clair que, dans les systèmes traditionnels d’éducation, l’enfant recours instinctivement à la dissimulation, dans le but de cacher ses aptitudes et de se conformer aux attentes des adultes qui l’étouffent.

L’enfant se plie à la cruelle nécessité d’avoir à se cacher lui-même, enfouissant dans son subconscient  une force de vie qui cherche à s’exprimer, et qui, inévitablement est frustrée. Chargé de ce fardeau secret, il finira, lui aussi, par perpétuer les nombreuses erreurs de l’humanité.

Le lien entre l’éducation et la question de la paix se trouve ici même, et non dans l’impact du contenu de la culture transmise à l’enfant…

 

(…) L’enfant qui n’a jamais appris à travailler par lui-même, à se fixer des buts pour sa propre action, ou à être maître de lui et de sa volonté est reconnaissable dans l’adulte qui laisse aux autres le soin de le guider et ressent constamment le besoin d’être approuvé par les autres (…)

L’enfant jusqu’ici, (…) n’a jamais été en mesure de tester ses énergies créatrices ; il n’a jamais été  en mesure d’établir en lui le genre d’ordre intérieur dont la première conséquence est un sens assuré et infaillible de la discipline. (...)

 

Que l’enfant fasse mieux que ses camarades, qu’il soit le premier et qu’il passe triomphale-

ment ces examens éphémères qui rythment sa vie monotone d’esclave. Les hommes ainsi éduqués de cette façon n’ont pas été préparés à  rechercher la vérité et à la considérer comme partie intégrante de leur vie, ni à être charitables à l’égard des autres, ni à coopérer avec eux pour créer un monde meilleur pour tous. (…)

                                                                           pp. 25 – 45

 

EDUQUER POUR LA PAIX   Conférence prononcée à Copenhague le 22 mai 1937

 

(…) Une éducation capable de sauver l’humanité n’est pas une mince affaire. Elle implique le développement spirituel de l’homme et le renforcement de sa valeur personnelle. Elle suppose que nous rendions les jeunes capables de comprendre le monde dans lequel ils vivent.


Quel est le secret d’une telle éducation ?

 Rendre l’homme capable de maîtriser l’environnement mécanique qui l’opprime aujourd’hui.

 

(…)  Dans notre propre expérience avec les enfants, nous avons observé que le petit de l’homme est un embryon spirituel, doté d’une mystérieuse sensibilité qui le guide et d’un dynamisme créatif qui a pour but de construire dans son âme une sorte d’instrument merveilleux. Tel le poste de radio pouvant recevoir les ondes courtes ou longues transmises à travers l’espace, l’instrument que l’enfant construit progressivement dans son âme est destiné à recevoir les ondes sacrées transmettant l’amour divin au travers des sphères infinies de l’éternité. Et c’est cette réceptivité qui donne à l’homme sa valeur unique : l’homme est grand parce qu’il peut recevoir les émanations du Divin.

(…) Les hommes que nous éduquerons de cette façon seront capables d’utiliser leurs pouvoirs divins pour dépasser les hommes d’aujourd’hui qui eux, ont confié leur sort aux machines.

 

(…) Et l’un des plus puissants  instincts secrets (qui guident l’homme pour construire sa vie) est le dynamisme social …

                                                        pp. 53 – 58

 

CONFERENCE d’ouverture du 6° CONGRES INTERNATIONAL MONTESSORI

                                                          -  à Copenhague en 1937 - 

 

(…) L’enfant ne doit pas être considéré comme un être faible et impuissant dont les seuls besoins seraient d’être protégé et aidé, mais comme un embryon spirituel, possédant une vie psychique active depuis le jour de sa naissance, guidé par des instincts subtils lui permettant de construire activement sa personnalité humaine. Et du fait que l’enfant deviendra adulte, nous devons le considérer comme le véritable bâtisseur de l’humanité et le reconnaître comme notre père. Le grand secret de notre origine gît secrètement en lui. Les lois qui lui permettent de devenir un homme à part entière se manifestent uniquement en lui. En ce sens,

l’enfant est le maître qui nous enseigne. Les adultes doivent être éduqués à reconnaître cette vérité pour pouvoir changer leurs comportements vis-à-vis des générations qui les suivent.

 

(…) La grande mission sociale consistant à assurer à l’enfant justice, harmonie et amour reste à accomplir. Cette tâche importante revient à l’éducation. C’est notre seule façon de bâtir un monde nouveau et de construire la paix.

 

(…)  Ses droits - de l’enfant -  en tant qu’être humain qui façonne l’humanité entière doivent devenir sacrés  et les lois secrètes de son développement psychique normal doivent éclairer notre route vers la civilisation.

 

(…) L’humanité ne cessera de livrer des batailles que lorsqu’elle aura entrepris une véritable reconstruction spirituelle.

 

(…) Nous appelons le monde  à prendre conscience de l’importance du développement spirituel de l’humanité et notre appel s’adresse, comme un reproche, à tous les mouvements intellectuels qui ne s’intéressent qu’aux adultes.

 

(...) Comment peut-il donc se faire que le niveau de la moralité humaine ait reculé alors que la civilisation progressait ? (…)

Quant à nous, notre réponse est la suivante : l’humanité a fait de grands progrès au niveau matériels, mais aucun sur le plan spirituel (…)

Les parents et les maîtres aujourd’hui oublient de dire les mots qui furent naguère la pierre de touche de l’éducation : «  tous les hommes sont frères ».
Nos contemporains vont leurs chemin mais ils sont secs et isolés les uns des autres (…) Même lorsqu’ils se massent, ils restent solitaires. Et le terreau de leur vie sociale est stérile ; la moindre brise peut les emporter et les détruire.

 Une petite source spirituelle, pourtant, suffirait à les transformer en une terre plus ferme et moins aride. Il suffirait qu’un peu de vie se développe pour apporter un changement bénéfique, parce que c’est la vie qui change le sable en terre fertile .La vraie menace qui pèse aujourd’hui sur l’humanité, ce n’est pas tant la guerre que cette aridité désespérée, cet arrêt du développement. (…)

 

(…) Le problème fondamental est donc de guérir l’humanité. (…)

Pour y parvenir ce qui donne valeur à la personne doit être libéré et mis à contribution. (…)

 

 La terre entière est incontestablement le domaine de l’homme  mais son vrai royaume est celui qui se trouve en lui-même.

 

(…) L’éducation est d’une importance immense aujourd’hui, parce que l’homme possède beaucoup plus qu’il ne se doute, bien plus que ce dont il peut profiter. (…)

      Il doit seulement apprendre à apprécier ce qu’il a, à profiter de ce qu’il possède déjà.

                   

                                                                                                             pp. 61 – 73

 

 Deuxième conférence de Maria Montessori : à Copenhague en 1937

 

(…) Chaque fois que l’on a  tenté de découvrir la  vraie nature de l’enfant en lui offrant la possibilité de révéler ses tendances intérieures, on a fait de surprenantes découvertes. L’enfant a montré quelque chose de tout à fait inattendu et en a donné des preuves si flagrantes que l’on est là en présence de quelque chose d’indéniable. L’enfant dit : « Ne m’aide pas : Ne me dérange pas ! Laisse-moi tranquille ! »

Tous les adultes ont eu cette expérience, mais ils n’y ont pas prêté attention, ou bien ils n’ont pas voulu se plier à la demande de l’enfant, car elle semblait simpliste.

En fait lorsqu’on donne à l’enfant de se déplacer dans un monde d’objets, il a tout  naturel-

lement  tendance à exécuter entièrement par lui-même la tâche nécessaire à son développe-

ment.  Disons le tout net : L’enfant veut tout faire entièrement par lui-même. (…) Il poursuit un but très précis, et d’instinct, va croit au but.  Cet instinct qui l’oblige à faire les choses par

lui-même nous donne la responsabilité de préparer un environnement qui va lui permettre vraiment de se développer. Quand il est libéré des adultes oppressifs qui agissent à  sa place,

l’enfant réalise son deuxième but,  travailler positivement à son autonomie. (…) Il ne peut y avoir d’individualité tant que la personne ne peut agir par elle-même. (…)

      Autrement il n’y aurait pas de sociétés, mais des colonies animales. (…)

 

L’éducation doit promouvoir à la fois le développement de l’individualité et celui de la société. La société ne peut pas se développer si l’autonomie des individus ne progresse pas.

(…) Dès que l’enfant commence à se développer dans un environnement conçu pour lui et réussit à agir par lui-même, il établit vite une harmonie non seulement entre lui et son environnement, mais encore entre lui et l’adulte.

Ce processus de libération est extrêmement important parce que l’enfant qui est libre d’agir se guérit de toutes ses déformations psychiques, s’en libère complètement et devient le maître de ses propres dynamismes. Le fait qu’une telle transformation ne peut venir que d’une activité libre  démontre, a contrario, qu’un enfant qui est privé d’une telle activité est un enfant déformé. (…)

On peut facilement changer le comportement d’un enfant en lui offrant une activité constructive, calme, stimulant son intelligence. (…)

L’enfant ne peut se développer s’il n’a pas autour de lui des objets lui permettant d’agir. (…)

C’est en fait l’environnement qui est le meilleur enseignant. L’enfant a besoin d’objets pour agir, ils sont comme un aliment pour son esprit. (…)

Il y a interaction constante entre l’individu et son environnement. L’utilisation des objets transforme l’homme et l’homme transforme les objets (…) Relation d’amour (…) Et quand il s’engage dans un travail dans un certain environnement, il s’engage également dan une association avec ses camarades, car nul ne peut travailler seul. Et c’est ainsi que la vie  

évolue : Une forme intéressante de travail apparaît ; elle fait progresser l’individualité, qui, à son tour, renforce la personnalité. (…) Quand les individus se développent normalement, ils ressentent non seulement de l’amour pour les choses, mais aussi pour les créatures vivantes.

(…) Pour être capable de parler de cet amour, de l’éprouver, nous devons d’abord obéir aux lois de la nature humaine, ou plutôt de la « supernature » humaine. (…)

Ce que nous pouvons et devons faire, c’est entreprendre la construction d’un environnement qui offrira les conditions adéquates pour le développement normal des enfants.

La dynamique psychique de l’enfant, une fois  éveillée, se développe selon ses propres lois  et a un effet bénéfique sur nous. (…)

 L’adulte apparaît alors non seulement comme le constructeur mais surtout comme le protecteur des forces  morales et spirituelles qui ne cessent de réapparaître dans chaque être humain qui naît.

                                                                                                 pp. 81 – 87

 

 6ème congrès international Maria Montessori  – suite -

                        à Copenhague en 1937

  

 

(…) Ma méthode d’éducation, si l’on peut dire que j’en ai une, est fondée sur le  développement psychique de l’enfant normal.

(…)  En disant l’enfant, je ne pense pas à l’enfant tel que les gens le voient habituellement, mais plutôt à son âme profonde, vue dans perspective sans précédent (…)

 

(…) En consacrant tous ses soins à l’enfant, l’adulte doit avant tout, prendre conscience que sa tâche est de révéler l’âme de l’enfant. S’il s’y prend ainsi, les étapes qu’il franchira

successivement et l’aide que lui offrira l’enfant  seront d’une grande importance ; s’il s’y prend autrement tout son travail ne servira à rien. Ce travail doit avoir un  double objectif ; construire un environnement approprié et provoquer un changement d’attitude des adultes à l’égard des enfants.

 

Deux facteurs doivent être pris en compte si l’on veut que l’enfant se développe. (…)  Il faut créer pour l’enfant un contexte qui réponde à ses besoins, sa santé physique, sa vie spirituelle.

Ensuite l’enfant doit avoir la possibilité d’agir librement dans cet environnement. Il doit y trouver des motivations pour se livrer à des activités constructives correspondants à ses besoins de développement. Il doit être en contact avec un adulte qui soit familier des lois qui gouvernent sa vie et qui  ne l’entrave pas en le surprotégeant, en lui dictant ses activités ou en le forçant à agir sans prendre en compte ses besoins.

Dans un tel environnement, l’enfant se révèle être très différent de l’image que l’on a de lui, un gamin aimant  perdre son temps et ne s’intéressant à rien d’autre qu’à jouer.

Il devient un individu travaillant  assidûment, très observateur et respectueux des objets. Il se révèle incroyablement méticuleux. (…) Il accomplit ses tâches scrupuleusement ; il est  capable d’une grande concentration ; il est apte à contrôler les mouvements de son corps ; enfin c’est quelqu’un qui aime beaucoup le silence. Il est ponctuel dans l’obéissance.

 (…) Il travaille très bien par lui-même et ne sent aucun besoin d’entrer en compétition avec les autres enfants.

Tout cela est le résultat d’une interaction entre l’enfant et son environnement, entre l’enfant et son travail. (…) Cela ne vient pas de ce qu’un adulte est là pour le guider à chaque pas. (…)

La conduite de l’enfant est donc dictée par de merveilleuses directives qui lui arrivent de l’intérieur et de cet environnement social qu’on a créé pour lui. (…) Si l’enseignant doit quitter la pièce les enfants continuent de travailler. (…) On pense que l’enfant est heureux

quand il joue mais à la vérité  c’est lorsqu’il travaille qu’il est le plus heureux.

(…) Vers trois ans nous leur offrons un environnement où se trouvent des articles ménagers  utiles (…) à leur dimension (…)

Dans cet environnement l’adulte a un rôle à y jouer : il doit montrer aux enfants comment utiliser les objets correctement (…)

L’enfant a sa façon propre de travailler, différente de la nôtre (…) -il recommence sans cesse même si ce n’est plus utile- mais c’est cette répétition même qui provoque chez l’enfant un développement intérieur qui se manifestera plus tard de façon étonnante.(…)

Il faut toujours donner à l’enfant un travail à faire avec les mains tandis qu’il travaille avec sa tête, car la personne de l’enfant est une unité fonctionnelle. (…)

Les enfants ont beaucoup de mal à se concentrer sur des énoncés oraux, mais n’en ont aucun à se concentrer sur des objets. (…) : Offrir à l’enfant un environnement contenant des objets représentant concrètement les choses qu’il doit apprendre.

Les centres d’intérêts de l’enfant évoluent au fur et à mesure de son développement qui n’est pas linéaire. (…) : Par ex. Les enfants sont beaucoup plus intéressés  à apprendre l’alphabet à quatre ans qu’à tout autre âge.  Les enfants de cet âge se plaisent tellement à écrire que nous avons appelé ce phénomène «  l’explosion de l’écriture  ». (…)

La répétition est pour eux paisible et rassurante (…) vrai processus psychique. (…). L’enfant ressent le besoin de faire des exercices encore et encore et de suivre son propre chemin de développement par ses propres moyens.

                                                                          pp. 107 – 114

 

IMPORTANCE DE L’EDUCATION DANS L’EDIFICATION DE LA PAIX :

 

Maria Montessori à l’Ecole Internationale de Philosophie le 28/12/1937, à Amersfoort

 

 

(…)  L’enfant est un embryon spirituel qui se développe spontanément et, en le suivant depuis le début de sa vie, nous pouvons apprendre beaucoup.

(…) Aujourd’hui (…) nous sommes dans une époque de ténèbres, d’obscurité spirituelle (…) les évènements autour de nous sont impénétrables.

(… L’homme a besoin de tranquillité spirituelle et de paix ; il a besoin de lumière. Qui pourra donc lui offrir un peu de lumière ? (…)

L’homme reste un mystère. (…) L’âme de l’homme est une énigme. Elle reste une inconnue situe dans une zone obscure. La psychologie elle-même n’a pas été capable de nous  éclairer. (…) Car la psychologie n’a pris en compte que des phénomènes discontinus du subconscient et n’a pas vu son essence, sa vérité. L’interprétation des phénomènes discontinus ne peut pas déchiffrer l’énigme de l’homme.

(…) Seul l’enfant peut nous révéler les secrets de la vie spirituelle de l’homme. C’est là une vérité qu’il faut répéter sans cesse. (…) L’enfant, embryon spirituel, se révèle à nous, adultes, pour nous guider dans le labyrinthe.

(…) Qu’est-ce que l’enfant nous a donc appris ? Quand l’enfant vit dans une atmosphère adaptée à ses besoins vitaux, il révèle des comportements très différents de ceux que nous sommes habitués à lui attribuer. Il nous apporte la preuve vivante que les hommes peuvent changer et s’améliorer à partir de leur naissance. Mais pour voir cela, le monde des adultes doit changer. Nous devons nous unir ; nous devons être en contact avec l’enfant, croire en lui, construire un climat qui lui convienne et nous changer nous-même.

L’enfant alors nous promet le salut de l’humanité. Cette vérité est symbolisée par le mystère de la  NATIVITE.  L’enfant ne doit plus être considéré comme le fils de l’homme, mais comme le créateur et le père de l’homme, un père capable de créer une humanité meilleure.

 A nous donc de créer une atmosphère qui puisse satisfaire ses  besoins. Si nous lui offrons un tel environnement, nous pourrons voir comment il se développe

.

(…) L’enfant nous a prouvé qu’il a des instincts dont l’existence ne peut être mise en doute et notamment  un instinct fondamental surprenant : le désir de travailler. (…) L’enfant nous apprend que le travail n’est pas une vertu, un effort que l’homme est contraint de faire . Il ne s’agit pas du besoin de gagner sa vie : le travail est l’instinct le plus fondamental de l’homme.

  L’homme peut être guéri de ses troubles psychiques par le travail (…) en réalité l’homme est né pour travailler. (…) Lorsque l’enfant travaille (…) l’étourderie, la paresse, la révolte et la tromperie disparaissent. (…)  Que reste-t-il donc ? (…) Un homme nouveau (…),  être humain travaillant avec diligence, guéri de tous ses maux (…)

 Cet homme a d’authentiques qualités ; l’amour , qui est bien autre chose que l’attachement ; la discipline, qui est bien différente de la soumission aveugle ; la capacité d’entrer en contact avec la réalité qui est à l’opposé de la fuite dans l’imaginaire. L’enfant nous apporte la lumière ; il nous montre l’homme nouveau, l’homme moral et nous apprend la valeur d’habitudes simples et régulières, car la simplicité et la régularité sont les clés du bien-être.

 

(…) L’amour pour l’environnement (…) secret de tout progrès de l’homme et de l’évolution sociale (…) pousse l’homme à apprendre, à étudier, à travailler (…).

  L’amour pour l’environnement est un sentiment spirituel  dont l’homme fait l’expérience, comme d’une force qui l’élève. (…) Cet éveil divin le pousse vers un but mystique : la création de la «  supernature ». L’homme doit conquérir la terre.  S’il ne s’est pas développé normalement il le fait par la violence et dans la haine. S’il s’est développé en un véritable homme normal, il trouve le bonheur d’une vie saine dans son effort. L’homme doit obéir aux lois qui gouvernent sa vie, et, parce qu’elles sont cachées, il doit les rechercher.

 

 

2° conférence de Maria Montessori le 28/12/1937 à l’Ecole Internationale de Philosophie  à Amersfoort

 

 

(…)  L’homme est peut-être destiné à jouir de la vie, né pour devenir le roi de l’univers, mais il ne peut y parvenir s’il se contente d’être une des créatures habitant la terre. Il doit mener sa vie pour en  réaliser le but, un but qui n’est pas visible dans ce monde ni évident dans la nature. Il avance vers ce but sans le voir. Ce but, dont il n’est pas conscient, est l’édification de quelque chose qui est supérieur à la nature.  C’est bien à la réalisation de ce but que l’homme, en fait, travaille, mais sans en être conscient, c’est cette inconscience qui provoque en lui des sentiments d’effroi, une impression d’inutilité et de vide. Il fait son travail dans le cosmos péniblement et laborieusement et non avec joie et satisfaction. Nul ne peut s’exonérer de cette immense tâche que la vie lui assigne.

 Le seul choix que nous ayons c’est de l’accomplir dans la joie ou la douleur. Si l’homme comprend sa mission et obéit consciencieusement et sagement aux lois de sa propre existence, il découvrira soudainement qu’il peut changer sa vie et éprouver de la joie  là où il fait l’expérience de grandes difficultés.

      Comme je l’ai dit, c’est notre observation des enfants qui nous a fait prendre conscience de ce que le travail est l’instinct fondamental de l’homme. Nous avons découvert que l’enfant peut travailler du matin au soir sans se lasser, comme si le travail faisait parti de sa nature.  

 

Il est évident que l’homme est né pour travailler, tant avec ses mains qu’avec sa tête. Ceci fait de l’homme un créateur unique dont les mains et la tête doivent travailler ensemble dans une unité fonctionnelle.  (…)

 

  Son amour pour l’environnement lui suggère quel travail choisir. Quelque chose l’appelle à accomplir sa mission. (…)  

 

L’homme est le créateur d’une  «  supernature ». Il s’est rendu maître de la matière. (…) Il est désormais plus intelligent mais les sentiments qui devraient accompagner ce développement de son intelligence lui font encore défaut. Ils ne peuvent fleurir en lui  car son mode de vie est faussé. Il est envahi par la haine et n’obéit pas aux lois de la nature.

  Des sentiments plus nobles – la conscience de l’unité de tous les vivants, par exemple – sont longs à apparaître en lui et l’harmonie se fait encore attendre.

  L’homme est le maître de toute la terre. Il transforme son environnement et le place sous son contrôle. (…)

 

 Tandis que la « supernature » se construit, l’évolution de l’humanité se met, elle aussi, en place.  

  Il ne s’agit pas seulement d’une évolution de la nature mais d’un développement de la personne humaine. (…) L’écriture, ce don surnaturel, a été transmise par quelques hommes à d’autres, ce qui a permis à l’humanité d’enregistrer les productions de l’humanité et de les transmettre à travers les âges. La science mathématique est, elle aussi, essentielle. Sans elle le progrès serait à peine concevable.

 

           L’enfant doit donc bénéficier d’un maître capable de développer en lui ses instincts supérieurs.

 En ce sens l’éducation est un échange entre la nature humaine et la « supernature ».

 

   On devrait prendre en compte le fait que l’homme, de nos jours,  n’est pas simplement l’homme biologique de la nature. Il se développe grâce aux élaborations de l’intelligence humaine qui progresse. (…)  L’homme a élevé le niveau de l’intelligence humaine.

 Les hommes peuvent communiquer entre eux avec une facilité étonnante. (…) Aujourd’hui l’humanité entière ne forme plus qu’un seul ensemble. Les hommes n’en sont pas conscients mais c’est bel et bien une réalité. (…) L’humanité aujourd’hui constitue un tout unique et indivisible, une seule nation. (…)  C’est pourquoi l’éducation doit se soucier non seulement de protéger la personne mais encore  de guider l’homme vers le trésor qui lui assurera une vie heureuse, à savoir l’intelligence de l’humanité et la personne humaine normale. (…) L’intelligence, l’équilibre de la personnalité et l’unité de toute l’humanité en un organisme unique, voilà désormais les richesses de l’homme. Ce qu’il nous faut donc c’est une éducation qui conduise la personne humaine à reconnaître sa propre grandeur.

 

 

 

3° conférence de Maria Montessori le 28/12/1937 à l’Ecole Internationale de Philosophie  à Amersfoort :

 

 (…)  Il est nécessaire de faire une distinction  tranchée – dans l’éducation de l’individu – entre  individualité et personnalité. (…) L’enfant nous a montré le fondement de la totalité du développement de la personnalité de l’homme, cet individu supérieur dont le potentiel semble presque illimité et dont le développement intérieur n’a incontestablement pas de limite pré-

déterminée. Car le facteur responsable de cette ouverture indéfinie de la personnalité humaine est son développement qui se déroule  indépendamment de l’influence des autres êtres humains.

     L’enfant nous a montré le principe de base sous-jacent à tout le processus d’éducation. Lui-même nous l’a indiqué, en disant : «  Apprends-moi à faire par moi-même ! » L’enfant résiste à l’aide des adultes quand ils essayent de  substituer leur activité propre à la sienne.

    L’adulte doit aider l’enfant à faire les choses entièrement par lui-même, car si l’enfant n’atteint pas le point où il va cesser de s’appuyer sur l’aide des adultes pour devenir autonome, il n’atteindra jamais la maturité intellectuelle et morale.  La psychanalyse nous confirme ce fait (…)

 

La liberté individuelle est, en fait, la base de tout le reste. Sans cette liberté il est impossible à la personne de se développer pleinement.

 La liberté est la clé de tout le processus de développement et le premier pas est fait lorsque l’ individu est capable d’agir sans l’aide des autres et devient conscient de lui comme d’un être autonome. (…)

 La liberté est bien le fondement obligé de la vie en société et la personnalité individuelle ne pourrait pas se développer sans la liberté individuelle. (…)

 Nous devons donc rendre possible la liberté et l’autonomie de l’individu. La clé de ce problème complexe est la suivant : il faut offrir les moyens nécessaires au développement de personnalités libres. On touche là à la question de l’environnement des enfants. Celui-ci doit permettre non seulement la liberté de l’individu mais aussi la formation d’une société. (…)

 

  L’instinct de liberté, le besoin inhérent à l’individu qu’on le laisse en paix pour pouvoir agir par lui-même, détermine ce que nous avons appelé le «  niveau d ‘éducation  ».

En fait il s’agit du premier niveau.  A nos yeux ce niveau est du domaine de l’école, de l’école élémentaire,  car il faut fournir les matériels qui suscite une activité librement organisée de l’enfant.

Le second niveau conduit à la société, à l’organisation sociale de l’adulte. Le cycle secondaire doit permettre le passage à ce niveau, celui du développement  de la personnalité et de l’organisation sociale. (…)

Les niveaux d’éducation doivent avoir un fondement et un but humain : le développement progressif de la personnalité de l’enfant. (…)  Car l’enfant qu’on laisse libre d’agir (…) - dans un environnement responsable -  nous montre les vraies lois de la vie humaine.

 

(…) L’être humain se révèle avoir un  besoin fondamental d’ordre dès les premières années de sa vie.

      Il a soif de vivre dans un milieu ordonné et se discipline dès qu’il peut agir librement et suivre les impératifs de sa nature. (…)  

                            La discipline est un instinct fondamental de l’homme (…)

Il n’est pas exact que la liberté de l’homme soit en contradiction avec la société, avec l’ordre, avec la discipline sociale. (…)

(…) L’enfant, être humain libre, peut nous enseigner, à nous et à la société, l’ordre, le calme, la discipline et l’harmonie.

 

(…) Le but  de l’éducation n’est pas d’enseigner des faits. (…)  Si nous basons l’éducation sur les lois de la vie, nous créerons d’authentiques niveaux d’éducation et non de simples cursus scolaires.

 

(…) L’autonomie individuelle, donc, est à la base du premier niveau d’éducation. Notre but, à ce niveau, doit être de  rendre l’enfant capable d’agir par lui-même. ()

L’adulte doit représenter pour l’enfant une source d’aide et non un obstacle. (…)

Nous devons laisser l’enfant faire par lui-même  parce que sa vie même va dépendre e sa capacité d’agir de façon autonome.  Nous devons lui permettre de fonctionner librement. Un être humain qui ne peut pas exercer ses fonctions vitales tombe malade et nous voyons, hélas souvent, des enfants souffrants de troubles psychiques parce qu’on ne leur a pas permis de se développer librement.

(…) Nous ne devons pas nous contenter d’offrir une aide personnelle aux enfants, nous devons leur offrir un environnement adéquat, car leur développement normal dépend de l’activité vitale qu’ils développent dans leur environnement et de l’action qu’ils peuvent exercer sur lui.

(…) Le jeune être humain que l’on n’a pas abîmé psychologiquement a des exigences auxquelles il nous faut répondre si nous voulons qu’il développe sa libre personnalité. (…) Nous devons créer l’environnement « supernaturel » nécessaire aux enfants et aux adolescents jusqu’à ce qu’ils rentrent, à leur tout, dans la vie adulte. (…) L’enfant doit avoir son environnement spécifique, et l’adulte doit l’aider. (…)

      En fait, la vie libre n’est pas du tout frivole, comme l’enfant, une fois encore, nous l’apprend, lui qui cherche à faire des choses concrètes difficiles et sérieuses, des choses constructives, lui qui est heureux lorsqu’il peut faire des choses utiles, car l’être humain cherche à monter de plus en plus haut en poursuivant un but précis (…

 

En fait, dans l’environnement que nous avons aménagé, l’enfant ne joue pas, il travaille et la cupidité disparaît. Il travaille et la paresse disparaît. Il veut tout faire ! C’est un être précoce par rapport aux autres. L’être humain démontre ainsi, une tendance à travailler de façon indépendante pour développer son esprit. Alors l’amour apparaît et conduit à une société heureuse.

(…)L’enfant peut s’élever jusqu’à l’ordre le plus élevé de l’esprit au moyen d’objets concrets.

(…) L’enfant n’est pas égoïste (…) Il cultive son individualité (…) en se mettant provisoirement à l’écart.

(…) La première période de la vie est celle dans laquelle  l’individu doit se développer par lui-même, de façon autonome. C’est la période  «  d’auto éducation ». L’enfant a besoin de protection, pas de tyrannie (…)

 Même lorsqu’il est libre, l’enfant ressent le besoin de protection. Il a besoin d’encoura-

gements, et il les recherche ; il n’a  pas de fausse fierté et va vers les adultes pour leur montrer son travail. Il est content s’il est bien fait et est heureux d’admirer ce qu’il a accompli. Il a besoin d’  encouragements pour continuer sa tâche difficile, le développement de sa personnalité, le travail vital de l’embryon qu’il est. (…) avec la sauvegarde de sa liberté (…) et entouré de choses faites en fonction de ses besoins. (…)

 

Une éducation religieuse à cet âge (…) La religion devrait être présentée en terme de protection de l’individu par Dieu. ( …)

(…) Au niveau secondaire (…) la formation sociale des adolescents doit commencer et il faut donner à l’individu une expérience sociale.

(…) Le troisième niveau (…) caractérisé par la préparation de l’âme humaine au travail (…) Conscience, avant tout (…) de  responsabilité sociale.

(…) Au quatrième niveau , la société doit aider chaque être humain et faire monter tout le genre humain au niveau supérieur atteint par notre environnement (…) puis au-dessus afin de le parachever (…),  en même temps que l’homme se parachève lui-même .

                                                                                                                pp. 135 – 145

 

EDUQUER POUR LA PAIX :

 

Discours de Maria Montessori prononcé devant la fraternité Mondiale des Croyances

      à Londres, 28 juillet 1939

 

 

(…) La paix n’est pas le fruit mais l’effort de la création. Les forces qui créent le monde sont précisément celles qui doivent créer la paix. (…)

      Chacun cherche la vérité  parce qu’elle est cachée, car elle existe bien. La certitude de l’homme que la vérité qu’il cherche existe bien, c’est là ce qui l’empêche de sombrer dans le désespoir (…)

     C’est justement le but et la mission de votre association que de rechercher une  harmonie interconfessionnelle, pour montrer que tous les croyants souhaitent la même chose et aiment de la même façon. C’est pourquoi, d’ailleurs, vos prières ont emprunté des mots à toutes les religions du monde et pourquoi ces mots se sont révélés s’accorder parfaitement.

     Un autre but de votre association est de faire prendre conscience à tous les hommes de la terre, quelles que soient leurs croyances religieuses, leurs doctrines et leurs pratiques, qu’ils sont intimement unis et qu’ils pourraient s’appeler frères ou amis.

 

(…) Nous devons donc nous demander : Comment se fait-il que, plus les hommes étudient et font progresser leur esprit, découvrant ou créant des choses de plus en plus belles, plus il y a de luttes entre eux ? Ceci aussi est un mystère. Pourquoi donc les hommes  sont-ils tous conscients dans leur cœur et leur unité et pourquoi y-a-t-il ces dissensions entre eux à la surface ?

(…) On ne peut certes pas nier que les hommes soient différents, d’un bout à l’autre du monde, qu’ils aient des traditions bien ancrées, différentes selon les lieux . Et hélas, il n’y a pas de prière assez puissante, pas d’argument logique assez convaincant pour que les hommes réussissent à s’entendre.

   Mais ne pourrait-on pas prendre une autre voie ? N’y aurait-il pas un nouvel être en qui nous pourrions mettre nos espoirs ? Ma réponse est OUI !  C’est l’enfant. D’un point de vue religieux l’enfant est l’être le plus puissant du monde. Nous ne pouvons mettre en doute  l’existence d’une communication entre lui et le Créateur. Il est son œuvre la plus évidente. Et nous pouvons assurément dire que l’enfant est l’être humain le plus religieux. (...)

   Si nous croyons que les hommes sont différents parce qu’ils parlent différentes langues, nous devons reconnaître, dans  l’enfant, un être qui, justement ne parle aucune langue, et qui, par le fait même, est prêt à apprendre n’importe laquelle.

     L’enfant doit donc être au centre de nos préoccupations lorsque nous cherchons des voies vers la paix. (…) Comme celui qui peut nous enseigner la paix.

Il faut donc nous rassembler autour de lui pour découvrir le mystère de l’humanité, pour découvrir en lui le mystère de la bonté fondamentale de l’homme que nos vies extérieures démentent. C’est lui la source de la connaissance qui intéresse la plupart d’entre nous.

Si nous désirons vraiment la fraternité et la compréhension parmi les hommes nous devons également instaurer la fraternité et la compréhension entre les adultes et les enfants. (…)

 

   L’intelligence de l’enfant possède d’immenses aptitudes et des capacités insoupçonnées. Son cœur est si sensible au besoin de justice  que nous devons l’appeler, comme l’a dit Emerson, «  le Messie qui revient constamment habiter au milieu des hommes déchus pour les conduire vers le Royaume des Cieux ».

  Je suis convaincue que l’enfant peut faire beaucoup pour nous, plus que nous ne pouvons faire pour lui. (…) Nous, les adultes, sommes rigides. L’enfant, lui, n’est que mouvement.

 

Vision de l’enfant (…) Image d’un enfant debout,  les bras ouverts, invitant l’humanité à le suivre.

                                                                      pp. 151 – 154

 

3 EDUCATRICES

La paix : OIE Genève 1932

Eduquer pour la paix,,. Copenhague 1937

6ème congrès international

1ère conférence

2ème conférence

suite

Importance de l'éducation dans l'édification de la paix Amersfoort 1937

1ère conférence

2ème conférence

3ème conférence

Eduquer pour la paix ;Fraternité Mondiale des Croyance 1939

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Mis à jour le 30/06/2010

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